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APPLICATIONS

Entre des rails

1. Introduction

Des grandes villes belges (Bruxelles, Anvers, Gand) ont toujours eu un réseau de voies de tram, avec des croisements, au niveau du sol.
Ces trams occupent souvent la même surface de la voirie que d’autres utilisateurs de sorte qu’il y a toujours un trafic mixte (voitures, bus, camions, cyclistes).  Ces surfaces partagées sont recouvertes de matériaux classiques : enrobés, béton, pavés, klinkers, etc.

Ces revêtements sont pour différentes raisons à l’origine de problèmes qui gênent la circulation.

En 1980 une zone d’essai entre des rails a été recouverte d’asphalte coulé et il apparait depuis que cette technique, même soumise à des conditions de circulations extrêmes, donne des résultats positifs.

2. Les problèmes des revêtements classiques

Généralement ce sont les enrobés qui sont utilisés entre les rails.
Les enrobés doivent être produits, transportés et compactés à certaines températures minimales.  Comme nous parlons ici de petites (et étroites) surfaces il n’est pas possible de mettre en œuvre de grosses machines.  Le plus souvent les enrobés sont donc posés à la main.  Dès lors les enrobés se refroidissent rapidement et le compactage devient dès lors difficile.  Nous ne devons pas non plus oublier que la circulation des trams doit pouvoir se poursuivre normalement pendant les travaux.  Un mauvais compactage peut être la cause de déformations, fissures, infiltrations d’eau et dès lors d’une courte durée de vie.


Les pavés de béton et de pierres créent de nombreux joints dans lesquels l’eau peut s’infiltrer jusque dans la fondation.  Cette eau se retrouve emprisonnée entre les voies et va dégrader la cohésion des matériaux de fondation.  Les klinkers et les pavés vont alors s’affaisser dans la fondation pour provoquer des déformations permanentes.


Le béton est peu utilisé pour des raisons évidentes :
– épaisseur
– temps de prise
– fissuration

3. L’asphalte coulé (couche d’usure)

De multiples exemples montrent que l’asphalte coulé offre de nombreux avantages en comparaison aux matériaux cités plus haut.

L’asphalte coulé peut être défini comme un mélange bitumineux sans vides internes, ce qui rend son compactage superflus.  Il est connu dans de nombreux pays européens (et certainement en Allemagne) comme revêtement de voirie.

Une structure à deux couches a démontré qu’elle offre toutes les garanties pour résister à la charge de la circulation.

Au départ d’une couche d’égalisation pour éliminer les inégalités de la fondation, on pose ensuite une couche d’une épaisseur de 25 mm.  L’épaisseur totale de 50 mm est bien assez suffisante pour recevoir une circulation lourde et intensive.

La couche supérieure est une composition standard pour revêtements de voirie et est gravillonnée avec des pierres préenrobées 2/4 pour donner la rugosité suffisante.

De plus en plus une couche d’usure de couleur grise est choisie avec une coloration dans la masse.  Un liant synthétique pigmentable est alors utilisé et les pigments nécessaires sont ajoutés.

Une technique spéciale (impression avec un moule métallique) peut donner à la surface l’aspect de pavés de béton.  On peut ainsi réaliser des effets esthétiques.

D’autres moules plus originaux peuvent créer des motifs particuliers.

Les revêtements en asphalte coulé coloré, combinés avec des matériaux naturels, donnent  aussi des résultats visuels excellents.

4. Avantages

Le succès de ce type de revêtement est à attribuer aux nombreux avantages de l’asphalte coulé :

Étanche et résistant au gel : l’eau ne peut s’infiltrer dans la structure
pas de compactage nécessaire : peut être posé partout, également dans les emplacements peu accessibles, et mis en œuvre à la main avec une bonne qualité
Durée de vie: plusieurs fois plus longue que celle des matériaux normaux.
Entretien: surface monolithique sans joints qui demande peu à pas d’entretien.
Respect de l’environnement: composants naturels
Recyclable:
jusqu’à 100 % réutilisable.
Aspect attrayant: surface colorée qui résiste aux UV.  Différents motifs possibles.
Rugosité: différentes options possibles en fonction du type de circulation.

5. Conclusion

L’utilisation d’asphalte coulé en 2 couches pour une épaisseur totale de 50 mm est un peu plus chère qu’avec des matériaux classiques, mais une durée de vie plus longue justifie complètement ce surcoût.

L’asphalte coulé a prouvé à plusieurs reprises être une solution pour les petites surfaces, mais certainement aussi pour les zones difficiles telles que par exemple les aiguillages.

En plus de sa supériorité technique, l’asphalte coulé permet également de nombreuses possibilités avec des couleurs et des finitions de surfaces de sorte qu’il est possible de répondre à n’importe quelle prescription urbanistique.

La mise en œuvre quasi immédiate du revêtement (après refroidissement) est également un argument pratique dans le choix du matériau utilisé.